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Jeudi 27 Novembre 2014

4éme Conférence Ministérielle du Dialogue euro-africain sur la Migration et le Développement 'Processus de Rabat''

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4éme Conférence Ministérielle du Dialogue euro-africain sur la Migration et le Développement 'Processus de Rabat''

Processus de Rabat : des participants à la réunion de Rome soulignent le rôle pionnier de SM le Roi de faire de la question migratoire 'une opportunité plutôt qu'un fardeau''

Des participants à la 4éme Conférence Ministérielle du Dialogue euro-africain sur la Migration et le Développement 'Processus de Rabat'' ont souligné le rôle pionnier de SM le Roi et sa détermination à faire de la question migratoire 'une opportunité plutôt qu'un fardeau'', pour les différents pays.

Ils ont également souligné la détermination du Souverain à faire de cette question 'le moyen le plus noble'' pour donner au partenariat en faveur du développement, 'sa chance de réussite et de réalisation d'une prospérité partagée''.

Lors de cette Conférence, qui a achevé ces travaux jeudi en fin d'après-midi, les participants ont été également unanimes à saluer le rôle du Maroc dans la genèse du Processus de Rabat et les efforts que le Royaume continue de déployer pour que la question des flux migratoires figure en tête des préoccupations communes des pays africains et européens.

De leur part, de hauts responsables européens, dont Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union Européenne pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité et du commissaire européen chargé de la Migration et des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, ainsi que le représentant de la France ont exprimé, à la fois leur admiration et leur plein soutien à la politique migratoire du Maroc.

Cette rencontre ministérielle a clos ses travaux avec une conférence de presse animée notamment par le ministre chargé des Marocains résidant à l'étranger et des affaires de la Migration, Anis Birou qui a mis en exergue le modèle marocain de gestion des flux migratoires qui 'se distingue par sa dimension humaniste et de solidarité, en particulier, avec nos frères africains''. 

M. Birou a notamment souligné, à cette occasion, la politique menée par SM le Roi au service des droits de l'Homme, du respect des valeurs universelles et du souci d'élargir le cadre d'intervention pour englober les aspects plus holistiques relatifs au développement économique et social.

Il a insisté sur l'importance qui s'attache à une approche commune, entre les partenaires du Nord et du Sud, qui 'doit avoir comme priorité la mise en œuvre de mesures concrètes et la mobilisation de ressources tant humaines que matérielles, au niveau des défis que nous affrontons collectivement''.

Le ministre n'a pas manqué de mettre en relief l'impératif d'une cohérence entre les initiatives promues par les différents acteurs à l'échelon régional et sous régional, faisant observer que 'les progrès réalisés en termes de mobilité ne sauraient être une fin en soi. C'est le début d'un processus qui requiert de la clarté et une démarche consensuelle, au niveau de notre principal partenaire, l'Union Européenne, notamment pour l'adoption d'une position commune en ce qui concerne la portabilité des droits sociaux et la facilitation de la circulation des personnes entre le Nord et le Sud''.

Par ailleurs, la Conférence ministérielle a été précédé, mercredi, par la réunion des hauts fonctionnaires du Processus de Rabat à laquelle a pris part Mustapha Bouazzaoui, directeur des Affaires consulaires et sociales du minisére des Affaires étrangéres et de la coopération.

Dans son intervention, M. Bouazzaoui a notamment souligné que l'approche globale de la migration 'n'aurait de sens sans un traitement adéquat de la question centrale des droits fondamentaux des migrants''.

Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leurs familles demeure l'instrument international de référence et gagnerait à être ratifiée par tous les Etats membres.

M. Bouazzaoui a estimé qu'il est 'paradoxal'' que, dans un environnement international de plus en plus sensibles aux questions des droits de l'Homme, 'les migrants soient les parents pauvres de cet engouement et voient la protection de leurs droits stagner voir régresser dans certaines circonstances''.

'Le Maroc s'inquiète particulièrement des développements récents dans certains pays de l'Union européenne en matière de portabilité des droits sociaux et souhaite que leurs effets soient rapidement contenus par un retour rapide à la concertation et au dialogue'', a-t-il dit se féliciant, par ailleurs, que le succès du Processus de Rabat ait été à l'origine d'un nouveau cadre de coopération sur les questions migratoires dédié à la route est-africaine.

Le Processus de Khartoum, qui sera lancé dans deux jours, est 'certainement le bienvenu pour compléter le spectre géographique de la coopération euro-africaine'', a ajouté M. Bouazzaoui, estimant que 'la prudence nous pousse toutefois à souligné que l'attention européenne ne doit pas être conjoncturelle et qu'il est nécessaire de continuer le travail de fond entamé avec les pays de l'Afrique Centrale et de l'Ouest''.

D'autre part, les participants à cette conférence, dont des ministres des Affaires étrangères et de l'intérieur ainsi que d'autres représentants des différents pays européens et africains et de l'Union européenne, ont adopté 'la Déclaration de Rome'' dans laquelle ils conviennent de poursuivre la mise en œuvre de la Stratégie de Dakar et adoptent, pour ce faire, le Programme de Rome pour la période 2015-2017. 

Ce programme s'articule autour de quatre piliers complémentaires, dont un sur la promotion de la protection internationale qui constitue 'une innovation'' par rapport aux déclarations des conférences ministérielles précédentes.

Il s'agit d'organiser la mobilité et la migration légale, améliorer la gestion des frontières et lutter contre la migration irrégulière, renforcer les synergies entre migration et développement et promouvoir la protection internationale.

M. Birou : seule une gestion concertée et maîtrisée permettra de tirer le meilleur parti de l'apport des mouvements migratoires pour le développement

Seule une gestion concertée et maîtrisée est de nature à permettre de tirer le meilleur parti de l'apport des mouvements migratoires pour le développement au sein de l'espace Europe-Afrique, a souligné, jeudi à Rome, Anis Birou, ministre chargé des Marocains résidents à l'étranger et des affaires de la migration, mettant en exergue le modèle marocain de gestion des flux migratoires.

'Seule une gestion concertée et maîtrisée, dans le cadre d'une approche globale et intégrée, des mouvements migratoires, nous permettra de répondre aux préoccupations qu'ils suscitent et aux tensions qu'ils provoquent, et de tirer le meilleur parti de leur apport indéniable pour le développement au sein de notre espace bi-continental, au nord comme au sud'', a indiqué M. Birou dans une allocution devant les participant à la 4éme Conférence ministérielle du Dialogue euro-africain sur la Migration et le Développement 'Processus de Rabat'' qui tenait ses travaux à Rome en présence de hauts responsables de l'Union européenne (UE), des ministres et diplomates des pays européens et africains.

C'est dans cette optique que 'le Maroc a proposé la mise en place d'une Alliance Africaine pour la Migration et le Développement'', a-t-il ajouté, faisant observer que cette initiative de SM le Roi Mohammed VI, a pour ambition de 'fonder un nouveau modèle migratoire à même d'améliorer le fonctionnement du système de mobilité mondiale''.

'L'objectif en est de concilier les intérêts aussi bien des pays de départ, de transit et d'accueil, que ceux des migrants eux-mêmes, selon une logique de responsabilité partagée'', a-t-il poursuivi.

'L'immigration zéro n'est ni possible ni souhaitable'', a-t-il fait remarquer, estimant que 'l'immigration, si elle est maîtrisée, gérée et non subie, représente une source d'enrichissement culturel et social par les échanges humains et économiques qu'elle entraîne''. 

Faire de l'immigration 'une chance pour le développement'', passe par la lutte contre l'immigration clandestine, a-t-il dit, rappelant que les principales victimes de l'immigration irrégulière sont 'les migrants irréguliers eux-mêmes qui s'exposent à la précarité et l'exploitation, d'où la nécessité de lutter contre la traite des êtres humains, conformément aux principes du droit international''. 

Tout en rappelant 'le rôle actif'' que le Maroc a toujours joué en matière de surveillance des frontières et de lutte contre la traite des êtres humains, le ministre a fait remarquer que le respect des droits fondamentaux des migrants passe aussi par la ratification de la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. 

'La portabilité des droits sociaux est fondamentale pour faciliter la mobilité et renforcer le développement des pays d'origine et de destination'', a-t-il affirmé, regrettant, dans ce cadre, 'les développements récents dans certains pays membres de l'Union européenne qui remettent en cause les engagements de l'Union européenne''. 

Après avoir estimé que 'le succès de nos initiatives demeure tributaire de la cohérence des approches mises en œuvre à l'échelon des deux rives de la méditerranée'' M. Birou a souligné que l'accord de mobilité conclu entre le Maroc et l'UE, 'n'est pas une fin en soi et n'apporte pas toutes les réponses voulues à la complexité de la gestion des flux migratoires''. 

'Outre la nécessité de toujours rechercher les voies et moyens d'une mobilisation efficace du capital humain, au service de notre partenariat, il importe de lever toutes les ambiguïtés et les dissonances qui continuent de ralentir notre quête commune d'une vision ambitieuse, généreuse et solidaire de la mobilité humaine'', a-t-il dit.

M. Birou, qui attirait l'attention sur le fait que depuis quelques années, 'des dizaines de milliers de personnes ont commencé à transiter par le Maroc pour traverser la Méditerranée, souvent au péril de leurs vies, et émigrer en Europe'', a rappelé que SM le Roi Mohammed VI, prenant connaissance d'un rapport thématique du Conseil National des Droits de l'Homme sur la situation des migrants et des réfugiés, a invité le gouvernement à élaborer une nouvelle politique relative aux questions de l'immigration, 'humaniste dans sa philosophie, globale dans son contenu, responsable dans sa démarche, et pionnière au niveau régional''.

'Cette politique a été pensée dans le respect des conventions internationales ratifiées par le Royaume et de la nouvelle constitution'', a-t-il dit, relevant que cette 'réforme majeure'' de la politique migratoire obéit à quatre objectifs spécifiques à savoir faciliter l'intégration des immigrés réguliers, mettre à niveau le cadre réglementaire, mettre en place un cadre institutionnel adapté et gérer les flux migratoires dans le respect des droits de l'Homme.

Cette stratégie s'est traduite dans les faits par une série d'actions dont une mise à niveau juridique visant à doter le pays d'instruments stratégiques, juridiques et institutionnels, en cohérence avec les standards internationaux, et les meilleures pratiques pour régir le séjour des étrangers sur son territoire, la lutte contre la traite des êtres humains et l'asile, a-t-il expliqué. 

Il s'agit également, a-t-il poursuivi, de la mise en place, en 2014, d'une politique de régularisation des migrants irréguliers et des demandeurs d'asile. Pour cela, a-t-il expliqué, plus de 83 bureaux ont été ouverts, dans toutes les préfectures et provinces du Royaume, et plus de 3.000 fonctionnaires ont été formés. Les critères retenus pour la régularisation ont été conçue de façon très souple. De plus, une commission nationale de recours a été mise en place. 

Parmi ces actions figure en outre la mise en place d'un dispositif pour l'assistance humanitaire d'urgence en faveur des migrants en situation de vulnérabilité. Pour cela, a-t-il ajouté, une campagne de mobilisation des associations de la société civile a été mise en place avec un dispositif permanent de coordination, de veille et de prévention.

Un autre axe découlant de la nouvelle politique migratoire consiste en l'élaboration d'un plan d'intégration des migrants, suivant une approche participative et concertée, a poursuivi le ministre selon lequel ce plan, décliné en 18 programmes d'action, touche à l'ensemble des droits fondamentaux des migrants : éduction et culture, jeunesse et loisirs, santé, logement, assistance humanitaire et sociale. 'La finalité demeure l'assurance aux migrants de conditions de vie honorable et digne'', a-t-il fait observer.

Selon M. Birou, pour la mise en œuvre de cette politique, le gouvernement a travaillé étroitement avec la société civile, en associant, très en amont, les organisations de la société civile, dans l'élaboration des politiques, des instruments juridiques et dans la mise en œuvre des projets opérationnels.

Le Maroc avait abrité, il y a huit ans à Rabat, la première Conférence euro-africaine sur la migration et le développement.

M. Birou a relevé que cette première Conférence, qui avait eu lieu dans 'un contexte marqué par l'intensification des crises humanitaires provoquées par les afflux croissants de migrants et refugiés vers l'Europe'', a été 'un moment important pour nous, pour amorcer le dialogue, l'échange, et réfléchir, ensemble sur la migration, parce que c'est en travaillant ensemble, au Nord et au Sud, qu'on trouve les bonnes approches et les bonnes politiques''.

C'est 'Grâce à la vitalité du processus de Rabat'', que 'le débat au niveau régional sur les questions migratoires est devenu plus constant et plus structuré, avec le déclenchement de tout un processus de consultations et de partenariat'', a-t-il dit.

(MAP-28/11/2014)