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"Agadir Aït Kin"… un joyau du patrimoine architectural et touristique de Tata

Le grenier collectif d’"Agadir Aït Kin" constitue l’un des sites remarquables du patrimoine architectural et touristique des oasis du sud-est du Royaume.

Cet édifice incarne le génie de l’homme oasien dans la construction de greniers collectifs ayant joué, pendant des siècles, un rôle économique, social et de sécurité majeur au sein de la communauté locale.

Situé dans la commune de Tagmout dans la province de Tata, ce grenier collectif figure parmi les igoudar qui ont conservé leur fonction d’origine. Il est encore utilisé aujourd’hui pour stocker les céréales — notamment l’orge — les fruits secs, ainsi que les documents précieux et les biens de valeur des familles, dans un témoignage vivant de la continuité de cet héritage civilisationnel profondément enraciné dans la culture amazighe.

Le gardien du grenier veille à ouvrir ses portes à l’aube et à les fermer au coucher du soleil, selon un système collectif traditionnel qui reflète les valeurs de solidarité et d’organisation propres aux sociétés oasiennes à travers l’histoire.

En l’absence de données historiques précises sur la date de sa construction, des documents et archives privées datant de l’an 1708, attestent de l’utilisation de ce grenier à cette époque et illustrent la nature du lien qui l’unissait à la population du village, ainsi que son rôle central dans la gestion de ses affaires économiques et sociales.

Ce grenier collectif s’étend sur une superficie de plus de 500 m2 et comprend des dizaines de pièces de tailles variées, anciennement destinées au stockage des céréales, des dattes et des produits de l’artisanat, ainsi qu’une mosquée et d’autres équipements — le tout au sein d’un site fortifié qui témoigne de la dimension défensive caractérisant ces constructions traditionnelles.

Parmi les traits architecturaux les plus distinctifs d’"Agadir Aït Kin", on note la porte fortifiée connue sous le nom d’Ami Nouasqif, qui constituait la première ligne de défense du village. Les gardes et représentants des familles locales, appelés Inflas, assuraient depuis l’étage supérieur la surveillance et la protection du village contre les menaces éventuelles.

Ce monument historique se distingue également par l’esthétique de son architecture traditionnelle : une porte en bois sculptée, de hauts murs, ainsi que des espaces intérieurs destinés à protéger le bétail des intempéries, des catastrophes naturelles et de tout risque de vol ou de prédation.

Dans une déclaration à la MAP, le chercheur en patrimoine local, Ibrahim Amrakki souligne qu’"Agadir Aït Kin" a joué, au fil de l’histoire, un rôle fondamental dans la préservation des productions agricoles précieuses, ainsi que des manuscrits, bijoux et biens de valeur appartenant aux familles.

Il a précisé que le grenier comprend 76 pièces, à raison d’une pièce par famille, outre une pièce collective réservée à la tribu, soulignant que ce site patrimonial contribue de manière significative au rayonnement touristique de la région en attirant des visiteurs et des chercheurs intéressés par le patrimoine culturel, tant au niveau de la commune de Tagmout que de la province de Tata en général.

"Agadir Aït Kin" se distingue comme l’un des sites historiques illustrant l’importance civilisationnelle de la province de Tata, qui a constitué, au fil des siècles, un point de passage et un carrefour pour les voyageurs et les caravanes commerciales transsahariennes.

Alors que les acteurs locaux poursuivent leurs efforts pour entretenir et préserver cet héritage, le ministère de la Culture œuvre à la valorisation des igoudar — pluriel d’agadir — en cherchant à les inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en tant qu’héritage culturel reflétant la richesse de la culture amazighe et contribuant au développement humain et économique, ainsi qu’à la sauvegarde de la mémoire collective des régions oasiennes du Maroc.

MAP:08 Juin 2026
 

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