Des chercheurs ont mis en lumière la richesse et la profondeur de la civilisation marocaine à la lumière des récentes découvertes archéologiques, lors d’une rencontre organisée, samedi, dans le cadre de la 20e édition du festival "Twiza".
Placée sous le thème "Le Maroc à l’aune des nouvelles découvertes archéologiques", cette conférence, initiée par l’association Fondation du festival méditerranéen de la culture amazighe, a réuni une brochette de spécialistes venus débattre des dernières avancées scientifiques dans ce domaine.
Les intervenants ont ainsi passé en revue les principales découvertes réalisées ces dernières années, mettant en exergue les nouvelles données qu’elles apportent sur les civilisations qui se sont succédé au Maroc à travers les âges.
Ils ont également souligné la portée scientifique de ces découvertes ainsi que les efforts déployés par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), notant que les progrès technologiques et le développement des laboratoires accompagnent ces recherches à un niveau comparable à celui des pays avancés.
Dans ce contexte, la chercheuse en archéologie, Aïcha Bigoulimen, a indiqué que "notre civilisation remonte à la Préhistoire", expliquant que "l’humanité a connu plusieurs étapes d’évolution et des sauts qualitatifs ayant jeté les bases du progrès actuel dans divers domaines".
Évoquant plusieurs découvertes remontant à des millénaires, elle a précisé que les analyses génétiques effectuées sur des restes humains découverts à Ifri N’Amr ou Moussa, datés de 5.400 ans avant J.-C., ont révélé que les origines génétiques des populations de Oued Beht, par exemple, remontent à celles de la grotte de Tafoughalt, dans la région de Berkane, datant de 15.000 ans avant J.-C.
La chercheuse a, en outre, relevé que des études génétiques et anthropologiques approfondies, menées avec la participation de spécialistes en paléoanthropologie, ont permis d’établir que ces populations constituent les habitants originels de l’Afrique du Nord.
De son côté, l’archéologue et professeur à l’INSAP à Rabat, Youssef Bokbot, a mis en avant l’importance des découvertes réalisées au Maroc depuis 2017, qualifiées d’exceptionnelles et ayant placé le Royaume sous les projecteurs de la presse internationale, notamment après la confirmation de la présence de l’Homo sapiens au Maroc il y a 315.000 ans.
Dans une déclaration à la MAP, M. Bokbot a indiqué que ces découvertes se poursuivent presque chaque année, citant notamment la mise au jour du plus ancien bijou connu dans la grotte de Bizmoune à Essaouira, ainsi que des plus anciens outils de tissage datant d’environ 120.000 ans dans la région de Témara.
Selon lui, ces avancées confirment la place centrale du Maroc dans l’évolution de l’humanité et la production de la civilisation, tout en réfutant les anciennes théories qui considéraient les populations nord-africaines comme primitives et incapables de produire des formes de civilisation.
Pour sa part, le chercheur en génétique Zine El Abidine Ouragh a affirmé que les études génétiques démontrent "une continuité des composantes génétiques au Maroc depuis Tafoughalt, il y a environ 15.000 ans, jusqu’à nos jours".
Il a ajouté que cette continuité et cette fusion des cultures successives s’expliquent par la position géographique stratégique du Royaume au sein du bassin méditerranéen, faisant du Maroc un acteur clé dans la construction de la civilisation humaine.
(MAP: 27 Juillet 2026)