Le peuple marocain ainsi que l'ensemble de la famille de la résistance et de l'armée de libération commémorent, vendredi, le 72e anniversaire du soulèvement de Kénitra, survenu les 7, 8 et 9 août 1954 et qui a constitué un tournant décisif et une étape historique majeure de l'épopée de la lutte du Trône et du peuple pour la liberté, l'indépendance, l'unité nationale et l'intégrité territoriale.
La genèse du mouvement nationaliste dans la province de Kénitra et dans les régions du Gharb, Chrarda et Beni Hssen remonte à la période des mouvements de protestation contre ce qui fut dénommé le "Dahir Berbère" (16 mai 1930), ayant alors gagné la plupart des villes marocaines, relève le Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération dans un communiqué.
Selon la même source, les leaders du mouvement nationaliste à Fès, Rabat et Salé avaient très tôt pris conscience du projet du protectorat français de faire de Kénitra une base stratégique. Ils se sont donc mobilisés rapidement pour s'y opposer, en élaborant une stratégie visant à rallier la population de la ville à leur cause par divers moyens, notamment à travers l'éducation, qui a joué un rôle essentiel dans l'encadrement de la jeunesse, la diffusion des principes du mouvement nationaliste et la formation d'une génération d'intellectuels capables de faire face au colonisateur.
Le communiqué souligne, également, que l'une des pages les plus glorieuses de l'histoire de cette région est sa contribution déterminante à la présentation du Manifeste de l'Indépendance du 11 janvier 1944, affirmant que les régions du Gharb, Chrarda et Beni Hssen furent parmi les premières à prendre l'initiative d'organiser cette mobilisation historique, dont la préparation, la date et le contenu ont été définis en concertation avec le Père de la nation et Héros de la libération et de l'indépendance, Feu Sa Majesté Mohammed V, que Dieu ait son âme.
La même source rappelle, également, qu'avant l'exil de feu Sa Majesté Mohammed V, les liens qui unissaient le regretté Souverain aux habitants de Kénitra étaient particulièrement étroits et se sont davantage renforcés après son exil, le 20 août 1953.
Toute étude de l'histoire contemporaine du Maroc met en évidence le rôle remarquable joué par Kénitra dans les différentes étapes de lutte pour la liberté et l'indépendance, jusqu'au 16 novembre 1955, date de retour du Souverain légitime sur son Trône, affirme-t-on, ajoutant que ce retour marqua la fin du régime de tutelle et du protectorat, l'avènement de la liberté et de l'indépendance, ainsi que le passage du "petit jihad" au "grand jihad", consacré à la construction du Maroc nouveau, libre et indépendant.
En effet, les habitants de Kénitra n'ont pas hésité à sacrifier leur vie et à verser leur sang dans les combats menés contre le colonisateur, aussi bien dans la ville que dans ses environs, souligne le communiqué, précisant que le grand nombre de martyrs, de blessés, d'exilés et de prisonniers était loin d'entamer leur détermination.
Les habitants de Kénitra ont toujours concrètement exprimé leur reconnaissance pour les positions du Palais Royal de la ville et pour la bienveillance de feu Sa Majesté Mohammed V envers les enfants de la ville qui s'activaient dans le mouvement nationaliste, les syndicats, le scoutisme et les clubs sportifs, ainsi que ses artisans, commerçants, agriculteurs et femmes engagées dans le mouvement féminin, sous la supervision de la Princesse Lalla Aïcha.
"L’attachement indéfectible au Palais Royal et à Feu SM Mohammed V figure parmi les facteurs essentiels, si ce n’est le facteur principal qui a contribué à la communion et à la cohésion entre les populations de Doukkala, Fès, Abda, Chiadma, Gharb, Chrarda, Bni Hssen, Al Haouz, Marrakech, Souss, Tanger et l’ensemble des citoyens", souligne la même source, mettant en avant le processus de lutte civilisationnelle et de valeurs marqué par les épopées de la lutte nationaliste, qui demeurent une source de fierté pour les nouvelles générations.
En commémorant cette étape historique glorieuse, qui coïncide cette année avec la célébration du 27-ème anniversaire de l'accession de SM le Roi Mohammed VI au Trône de Ses glorieux Ancêtres, la famille du mouvement nationaliste, de la résistance et de l'armée de libération réaffirme sa fidélité et sa reconnaissance envers la mémoire historique nationale et locale, qui doit être inculquée aux nouvelles générations, afin de contribuer au processus d'édification et de développement, sous la conduite éclairée de SM le Roi.
En effet, poursuit le communiqué, le Souverain ne cesse de souligner l'impératif de s'inspirer des épopées de la lutte nationaliste, de mettre en avant les actes héroïques des résistants et de toutes les franges de la société dans l'ensemble des régions du Royaume, ainsi que leur rôle dans la bataille de libération et de s'imprégner des valeurs de la citoyenneté positive et responsable, nécessaires à l'édification d'une société émergente et avancée.
Par ailleurs, cette commémoration se veut une occasion pour réitérer la position constante du peuple marocain, de la famille du mouvement nationaliste, de la résistance et de l'armée de libération et de l'ensemble des composantes de la société, ainsi que leur mobilisation continue, leur vigilance et leur engagement indéfectible derrière SM le Roi Mohammed VI, en vue de consolider les acquis nationaux et de défendre l'intégrité territoriale inaliénable et non négociable, tout en demeurant attachés à l'initiative marocaine d'autonomie dans les provinces du Sud récupérées, sous souveraineté nationale.
A l'occasion de cet anniversaire, la délégation provinciale du Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération à Kénitra organise, vendredi, un rassemblement et un colloque sous le thème "Le soulèvement de Kénitra de 1954 : Histoire et mémoire", à la Chambre de Commerce, d'Industrie et de Services de Kénitra, avec la participation d'universitaires et de chercheurs, et en présence des autorités locales et provinciales, des présidents et membres des instances élues, des acteurs associatifs et des membres de la famille de la résistance et de l'armée de libération.
Par la même occasion, un hommage sera rendu à une pléiade d'anciens résistants et membres de l'armée de libération, outre la remise d'aides sociales. Le programme comprend, également, des activités et des événements éducatifs, culturels et de communication axés sur la mémoire historique, au niveau de l'ensemble des délégations régionales et provinciales et des bureaux locaux, ainsi que dans les espaces de la mémoire historique de la résistance et de la libération, à travers le territoire national.
Ces activités seront initiées en coordination et en partenariat avec les départements gouvernementaux, les établissements publics, les instances élues et les organisations de la société civile, en présence notamment d'anciens résistants et anciens membres de l'armée de libération, des veuves et des ayants droit, conclut le communiqué.
(MAP: 06 Août 2026)