Un projet pilote de généralisation de la pratique du compost, dans le but d’assurer une meilleure conservation du sol et de l’eau et de promouvoir l’emploi en milieu rural, a été lancé, mercredi 11 février à Taounate.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet "Compostons Ensemble !", porté par le consortium TARGA–AIDE, en partenariat avec l’ONG italienne CEFA et l’Agence de Développement Agricole (ADA), avec l’appui financier de l’Union européenne et de l’Agence Française de Développement (AFD).
Le projet s’insère dans une dynamique de promotion de l’agroécologie, de gestion durable des ressources naturelles et de développement d’opportunités économiques et d’emplois verts en milieu rural, à travers la valorisation du compost.
Lors de l’atelier de lancement, l’accent a été mis sur l’implication et l’adhésion des acteurs institutionnels, techniques et territoriaux concernés, l’amélioration de la communication et la compréhension commune autour des différentes composantes du projet et la création de synergies, de complémentarités et de mécanismes de coordination territoriale entre les parties prenantes.
Les différents partenaires ont insisté sur l’importance d’une meilleure appropriation du projet par les acteurs locaux et institutionnels, ainsi que d’une vision claire et partagée des actions similaires ou complémentaires menées dans la zone d’intervention par les différents acteurs (publics, associatifs, coopératifs).
Pour Hassan Bourarach, du consortium Targa, ce projet, qui couvre 22 communes rurales dans les cercles de Taounate et Ghafssay, favorise la participation des femmes et des jeunes dans le développement de l’agroécologie et la transformation des déchets en fertilisants biologiques.
"A travers une série d’activités, notamment des agro écoles dans les champs, nous proposons un accompagnement des agriculteurs pour promouvoir l’agriculture écologique, en veillant à la fois à la préservation de l’environnement et des moyens économiques des agriculteurs, tout en prenant en considération leurs besoins", a-t-il indiqué dans une déclaration à la MAP.
Et d’ajouter qu’entre autres actions, le projet prévoit le développement d’une station de traitement des déchets pour produits des biofertilisants, l’amélioration des pratiques écologiques et le financement d’une dizaine de projets portés par les jeunes de la province.
"C’est une expérience pilote qui implique la société civile dans l’agroécologie et qui favorise des pratiques innovantes et durables de préservation du sol et de l’eau", a relevé, de son côté, Mustapha Mghari, chef de service de la valorisation des chaines alimentaires à la Direction régionale de l’Agriculture Fès-Meknès, notant que l’objectif est de préserver à la fois les ressources naturelles et la diversité biologique et améliorer le revenu des agriculteurs, tout en renforçant la sécurité alimentaire de la région.
Selon lui, le choix de l’agriculture écologique n’est pas fortuit, notamment dans le contexte des changements climatiques, assurant qu’il s’agit d’une orientation stratégique à même de relever les défis environnementaux et économiques actuels.
Ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Génération Green sur les plans régional et provincial, à travers le renforcement de la structure de commercialisation des produits agricoles, la promotion du leadership des affaires dans le monde rural et des initiatives économiques locales, a-t-il ajouté.
Concrètement, le projet devra permettre la production annuelle de près de 120 tonnes de compost de haute qualité, la création de micro-unités de valorisation du compost au sein de chaque collectivité territoriale ciblée, l’adoption de pratiques agricoles plus durables et respectueuses de l'environnement et le renforcement des capacités locales, notamment par la pérennisation des formations et la mise en œuvre de pratiques agricoles écologiques.
Parmi les résultats attendus figurent également la réduction de l'utilisation d'engrais chimiques et d'irrigation au profit de solutions biologiques alternatives, la sensibilisation des acteurs locaux à l'importance de la gestion durable des sols et des ressources naturelles, l’intégration de 20 coopératives agricoles dans la chaîne de valeur, le développement des partenariats stratégiques pour la distribution et la commercialisation du compost, l’amélioration des revenus des femmes et des jeunes en situation de précarité et la création d'un système local intégré autour de la production et de la distribution du compost.
Des recommandations opérationnelles ont été, par ailleurs, formulées pour renforcer l’impact territorial, environnemental et socio-économique du projet et renforcer des dynamiques locales de coopération autour de l’agroécologie, du compostage et de l’économie verte.
(MAP: 12 février 2026)