Le taux de couverture en points d'accès aux services financiers en milieu rural s'est amélioré pour atteindre 60% au cours des dernières années, a indiqué, jeudi à Meknès, le directeur général de Bank Al-Maghrib (BAM), Abderrahim Bouazza.
S'exprimant lors d'une conférence organisée en marge du 18ème Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), sous le thème "Inclusion financière en milieu rural : un levier pour une agriculture souveraine, résiliente, inclusive et durable", M. Bouazza a précisé que l'un des indicateurs qui permet d’apprécier le gap entre le rural et l’urbain est le niveau de couverture territorial par des points d’accès aux services financiers. Toutefois, alors que des progrès ont été réalisés en matière de couverture territoriale, il a fait savoir que 450 communes rurales demeurent encore dépourvues de tout point d'accès, appelant à renforcer les efforts pour généraliser ces services, sous réserve de conditions adéquates en matière d'infrastructures routières et de connectivité.
En effet, il a relevé que l'inclusion financière est un processus qui requiert des efforts soutenus et des moyens importants, notant que BAM s'est fortement engagée, au cours des deux dernières décennies, en faveur de la promotion de l'inclusion financière au service du développement économique.
Dans ce cadre, il est revenu sur les différents efforts consentis notamment la mise en place en 2018 d'une solution nationale de paiement mobile, le lancement de la Stratégie nationale d'inclusion financière en 2019 ciblant en priorité le monde rural, les femmes et les jeunes, ainsi que l'introduction en 2023 du virement instantané, qui constitue un instrument efficace pour répondre aux besoins des différents segments de la population.
Pour sa part, le directeur du Trésor et des Finances extérieures par intérim au ministère de l'Économie et des Finances, Mohammed Tarik Bchir, a souligné que le Maroc dispose depuis 2010 d'un système financier moderne et stable, appuyé par des réformes réglementaires et une infrastructure conforme aux standards internationaux.
En revanche, des disparités persistent, en particulier en milieu rural, où l'accès aux services financiers reste "insuffisant", a poursuivi M. Bchir.
A cet égard, il a cité les réalisations enregistrées, notamment grâce aux programmes Intelaka et Forsa surtout dans le secteur agricole au niveau des zones rurales, traduisant des impacts concrets sur les territoires, au-delà des chiffres, en soutenant l'investissement agricole et le développement local.
Parallèlement, il a insisté sur la nécessité de renforcer l'usage effectif des services financiers, estimant que la prochaine phase repose sur une approche sectorielle et populationnelle ciblant notamment les femmes, les zones rurales et les très petites entreprises, avec l'objectif de promouvoir l'usage quotidien et concret des services financiers, notamment le paiement numérique.
Marquée également par l'intervention du ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, cette conférence a constitué une véritable plateforme d'échanges et de concertation entre les acteurs publics et privés, en vue d'identifier des solutions innovantes, de promouvoir des instruments financiers adaptés et de renforcer les synergies au service du développement agricole.
MAP: 24 avril 2026