L'Agence pour le Développement et la Réhabilitation de la ville de Fès (ADER) a annoncé le lancement prochain d’études pour la valorisation du patrimoine historique bâti de la Médina, dont les programmes de réhabilitation et de mise en valeur ont permis de restaurer près de 400 monuments et lieux emblématiques.
Ces études, qui s’étaleront sur huit mois, permettront d’élaborer un cadre stratégique pour l’affectation et l’exploitation des sites restaurés et réhabilités, garantissant une gestion durable, une intégration sociale, une rentabilité économique et une valorisation culturelle et touristique.
Concrètement, l’ADER cherche à identifier les usages possibles des sites restaurés en fonction de leur nature et de leurs modèles de gestion adaptés pour en optimiser l'exploitation, définir les indicateurs clés de performance, déterminer les opportunités économiques et culturelles liées à leur exploitation, évaluer les besoins en gestion, en exploitation et en maintenance pour chaque site, et s’assurer que l’exploitation est bien en ligne avec le positionnement et l’impact souhaités.
Il s’agit également de proposer des stratégies pour améliorer la gestion, la conservation et l'accessibilité, analyser l'impact potentiel de leur exploitation sur le développement local et national et élaborer des recommandations sur les partenariats possibles, les structures de gouvernance et les sources de financement pour une gestion durable.
L’étude portera sur un nombre de monuments emblématiques (Horloge hydraulique Bouananiya, répartiteur d’eau de Boujloud, Dar Al Makina, site des tombeaux mérinides, Borj Sidi Bounafae, Borj Boutouil, Hri Boutouil et Souq Semmarine), les Foundouqs Achich et Sagha, et les Maisons de grande valeur architecturale (Maison de l’artisan, Dar Bab Guissa).
Selon l’ADER, cette valorisation intervient dans un contexte qui offre un momentum particulièrement favorable pour accélérer l’activation du patrimoine de Fès. En effet, le Maroc a accueilli la CAN 2025, créant une exposition médiatique et des flux additionnels qui renforcent l’intérêt pour des offres culturelles structurées au-delà des seuls événements sportifs. À plus long terme, la Coupe du Monde FIFA 2030, co-organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, constitue une trajectoire de visibilité et d’attractivité internationale dans laquelle Fès devra s’inscrire.
Dans cette perspective, engager rapidement une étape centrée sur la programmation et l’exploitation des sites permettra, estime-t-on, de capter cette dynamique, d’élever l’expérience visiteur et de maximiser les retombées économiques pour la destination de Fès.
L’objectif est de capitaliser sur le socle d’investissements déjà réalisés pour enclencher une étape centrée sur l’activation et la valorisation, avec une logique de parcours, une gouvernance d’exploitation et un portefeuille de projets prêts à être lancés.
Cette étape devrait également assumer pleinement la portée culturelle et patrimoniale singulière de Fès, dont l’héritage - ville de savoirs, de spiritualités et d’artisanat, et médina parmi les plus emblématiques du monde islamique - constitue un marqueur de notoriété et d’attractivité d’une ampleur exceptionnelle, appelant une mise en récit et une promotion à la hauteur de cette puissance culturelle.
Le Cahier des Prescriptions Spéciales (CPS), publié par l’ADER, prévoit de structurer la mission en quatre phases interdépendantes : Diagnostic stratégique et benchmark, élaboration d’une stratégie de valorisation culturelle et patrimoniale et de fiches projets, structuration d’une équipe dédiée et définition d’un dispositif de gouvernance, et enfin l’élaboration d’Appels à Manifestation d’Intérêt (AMI), l’accompagnement et la contractualisation pour structurer les partenariats nécessaires avec les différents opérateurs privés ou publics.
MAP: 10 Juin 2026