A l'approche des échéances législatives du 23 septembre, la province d'Essaouira vit depuis plusieurs jours au rythme d'une campagne électorale intensive où les partis politiques multiplient les initiatives de communication et les actions de proximité dans l'ambition de gagner la confiance de l'électorat souiri, en particulier dans le monde rural.
Cette dynamique bat son plein dans les villages, douars et centres urbains relevant de cette province à dominance rurale, qui compte pas moins de 57 collectivités territoriales, transformés, le temps de cette campagne électorale, en espaces de mobilisation soutenue des formations politiques, chacune ayant opté pour une démarche distinctive de proximité avec les électeurs (meetings, sorties de terrain, porte-à-porte...).
Bien que les méthodes de communication diffèrent, l'enjeu est le même : séduire le plus grand nombre d'électeurs du monde rural, qui représentent près de 73% de la population totale de la province, estimée à 425.375 habitants, dont 310.853 résident en milieu rural, selon le Recensement général de la population et l'habitat (RGPH) de 2024.
Dans l'arrière-pays souiri, composé des deux régions historiques, Chiadma et Haha, plusieurs candidats en lice semblent cibler des emplacements stratégiques, à l'instar des souks hebdomadaires et autres espaces prisés, pour présenter les grandes lignes de leurs programmes et échanger directement avec les citoyens.
A Meskala, El Hanchane, Had Draa, Smimou et Tamanar, entre autres, les scènes de cette effervescence électorale alimentent déjà la presse locale et les réseaux sociaux des acteurs locaux engagés dans cette course électorale.
Au-delà des modalités de mobilisation, les programmes présentés mettent tous l'accent sur des enjeux directement liés aux préoccupations des populations, notamment le désenclavement, l'emploi, la santé et la valorisation du potentiel touristique et économique de la province, des priorités qui s'inscrivent dans un contexte marqué par des évolutions considérables sur les plans démographique et social.
Dans cette lignée, les données du RGPH 2024 font ressortir des avancées en matière d'accès à l'éducation et aux services essentiels, avec un taux de scolarisation des enfants âgés de 6 à 11 ans porté à 95,8%, une baisse du taux d'analphabétisme des personnes âgées de 10 ans et plus, passé de 48,9% en 2014 à 39,2% en 2024, ainsi qu'une amélioration du raccordement des ménages aux réseaux d'électricité et d'eau potable, dont les taux s'établissent respectivement à 95,4% et 73,6%, contre 84,3% et 42,9%, 10 ans auparavant.
Ces évolutions s'inscrivent également dans un contexte de transformation de la structure démographique de la province, marqué par la progression de la part des personnes âgées de 60 ans et plus, passée de 11,8% en 2014 à 16,5% en 2024, tandis que les moins de 15 ans représentent 27,5% de la population, faisant des questions liées à l'emploi, à l'insertion des jeunes, au développement du capital humain et à l'accompagnement social des thématiques importantes dans les échanges de proximité avec les électeurs.
Côté développement économique, les échanges de proximité accordent une place de choix aux secteurs qui constituent des composantes importantes du tissu productif local, notamment l'arganiculture, la pêche, l'artisanat et le tourisme, avec un accent particulier sur l'inclusion des jeunes dans ces secteurs porteurs, en particulier via la formation, la promotion de l'entrepreneuriat et l'accompagnement post-lancement d'initiatives génératrices de revenus.
Pour Malak, étudiante à l'Institut Supérieur des Professions Infirmières et Techniques de Santé d'Essaouira, qui s'apprête à participer au scrutin pour la première fois, cette échéance constitue "une occasion de faire entendre la voix des jeunes souiris et de contribuer au choix des représentants appelés à porter les aspirations de la population".
Parmi les principales attentes de cette jeune femme, originaire de la commune de Talmest, figure l'accès à l'emploi, une priorité partagée par Abdelmalek, étudiant à l'École Supérieure de Technologie d'Essaouira, qui souhaite décrocher un emploi dans sa ville natale, "sans être contraint de se déplacer ailleurs pour en rechercher un".
Pour nombre de Souiris, les attentes et les aspirations diffèrent selon les territoires et les catégories de population, mais elles convergent vers une même ambition, celle de voir leur ville et leur province poursuivre leur développement à un rythme plus avancé au cours des cinq prochaines années.
A quelques jours du rendez-vous du 23 septembre, les différentes formations politiques misent ainsi sur le monde rurale et les jeunes, deux réacteurs centraux de la dynamique électorale dans la province, qui entre désormais dans sa dernière ligne droite.
(MAP: 16 Septembre 2026)