Actualités
Vendredi 20 Novembre 2015

Assises nationales de l'économie sociale et solidaire

Synthèse vocale
Assises nationales de l'économie sociale et solidaire

Assises nationales de l'ESS: Appel à promouvoir un dialogue participatif entre les différents acteurs du secteur

Des experts, des universitaires et des représentants d'entreprises de l'économie sociale et solidaire (ESS) ont souligné, samedi à Skhirat, la nécessité d'instaurer les mécanismes d'un dialogue participatif entre les différents acteurs du secteur, permettant d'étancher leur soif à collaborer en faveur du développement et de la convergence de ce pilier de l'économie.

Réunis dans le cadre des Assises nationales de l'économie sociale et solidaire, tenues sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, les intervenants à une session dédiée à la restitution des travaux des ateliers de ces assises ont été unanimes à privilégier une collaboration fructueuse entre les divers opérateurs du terrain afin de faire de ce secteur un véritable modèle de développement économique, social et écologique.

Ainsi, Abdellatif Komat, doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Aïn Chock, a mis en exergue l'importance du benchmark et de l'ouverture sur des expériences étrangères réussies, afin de garantir la mise en place d'un cadre structuré de l'ESS et la contribution à l'élaboration fluide et rapide de la loi cadre ESS au Maroc, destinée à développer et à exploiter toutes les possibilités offertes par cette économie et répondre aux besoins des populations les plus précaires.

M. Komat a également plaidé pour l'inclusion efficace de l'ESS dans l'écosystème et la dynamique socio-économique, ainsi que pour l'instauration d'un système de financement bien spécifique, en encourageant, entre autres, la création de banques coopératives à l'instar d'autres pays européens.

Pour sa part, Jean-Pierre Girard, expert et conseiller international en entreprises collectives au Canada, a préconisé le développement de plateformes de dialogue entre chercheurs et acteurs dans le cadre d'une approche participative, tout en instaurant des outils dédiés à l'observation de l'innovation économique et sociale.

D'après lui, une clarification des concepts et des contenus liés à l'ESS ainsi que l'élaboration d'une loi-cadre contraignante sont assurément des éléments indispensables pour la promotion de cette économie.

Pour Jean Gatel, ex-secrétaire d'Etat chargé de l'ESS et du développement local en France, la facilitation des échanges entre les porteurs de projets est de nature à leur permettre de se faire mieux connaitre, en stimulant les actions de financement.

M. Gatel a dressé, à cet égard, un "triste" constat en matière de financement des projets relevant de l'ESS, expliquant que cette économie demeure "écartée des grands flux financiers, et dont les acteurs se contentent, dans la majorité des cas, de frapper à la porte des organisations internationales et des grands bailleurs de fonds, afin de bénéficier d'une partie de leurs fonds".

Cette économie, qui engage aussi bien les producteurs que les consommateurs et qui se heurte encore à des problématiques d'ordre culturel, ne devrait plus être perçue comme une simple "économie de réparation destinée aux personnes exclues de la société", d'où la nécessité, selon lui, de placer l'ESS au cœur des politiques publiques et de mener des efforts de sensibilisation quant à son intérêt dans le développement économique.

Tenue sous le thème "Economie sociale et solidaire : quels référentiels pour le développement et la mise en cohérence ?", cette rencontre de deux jours a été marquée par l'organisation de trois ateliers, en l'occurrence, "plateforme législation, structuration et gouvernance", "apport de la recherche et développement à la définition des référentiels de l'ESS" et "contribution de la coopération internationale au développement et la convergence de l'ESS".

Ces assises ont été également marquées par la signature de trois conventions de partenariat portant sur l'intégration de l'ESS dans les programmes de l'enseignement et la commercialisation des produits de terroir des coopératives.

M. Benkirane appelle l'administration à être au service des coopératives

Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a appelé, vendredi à Skhirat, l'administration à être au service des coopératives, qui constituent des acteurs importants de l'économie sociale et solidaire (ESS). 

"L'administration doit être au service du citoyen en général, mais elle doit l'être surtout à l'égard des coopératives", a dit M. Benkirane qui s'exprimait à l'ouverture des assises nationales de l'économie sociale et solidaire, tenues sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

"Le secteur de l'ESS doit être exploité davantage", a-t-il estimé, indiquant que l'Etat doit veiller sur sa bonne marche, à travers l'élaboration du cadre juridique adéquat et en assurant une bonne gouvernance aux niveaux national et régional.

Il a souligné l'importance de l'ESS qui permet de créer une dynamique économique dans le pays et de garantir une vie "digne" et "décente" aux citoyens, saluant le travail et la persévérance des propriétaires des coopératives, femmes et hommes, qui ont réussi à relever les défis et à contribuer au développement économique et social local et national. 

Il a exprimé son admiration pour certaines expériences réussies de coopératives et qui doivent servir de modèles à suivre en les encourageant à poursuivre sur la même lancée. 

Pour sa part, Kamel Jendoubi, ministre auprès du chef du gouvernement tunisien, chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile, a souligné l'importance de la société civile dans la lutte contre la précarité et la marginalisation sociales.

M. Jendoubi a estimé que la décentralisation est le chantier principal qui permettrait de donner un élan au développement économique et social en Tunisie, mettant l'accent sur la nécessité de la transparence et des principes de bonne gouvernance.

Ces assises, organisées sous le thème "Economie sociale et solidaire : quels référentiels pour le développement et la mise en cohérence ?", visent à aider au renforcement des acquis de l'ESS.

Cette rencontre de deux jours est marquée par trois plénières et des ateliers traitant notamment de "l'apport de recherche &développement à la définition des référentiels de l'ESS", "la contribution de la coopération internationale au développement et à la convergence de l'ESS" et de "l'ESS en Afrique et en Méditerranée".

Le nombre des coopératives au Maroc a dépassé 14.500 avec une importance de plus en plus importante des femmes (plus de 2.000 coopératives féminines), selon un document du ministère de l'Artisanat et de l'économie sociale et solidaire.

L'Etat a mis en place des structures d'accompagnement du secteur coopératif, notamment l'Office du développement de la coopération (ODCO). 

Signature à Skhirat de trois conventions de partenariat en matière d'économie sociale et solidaire

Trois conventions de partenariat en matière d'économie sociale et solidaire (ESS) ont été signées, vendredi à Skhirat, dans le cadre des assises nationales de l'ESS.

Il s'agit d'une convention portant sur l'intégration de l'ESS dans les programmes d'enseignement supérieur, signée par la ministre de l'Artisanat et de l'économie sociale et solidaire, Fatema Marouane et le ministre de l'Enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, Lahcen Daoudi.

Ladite convention permettra la mise en place de l'ESS en tant que domaine de formation au niveau des licences professionnelles et des masters spécialisés au sein des universités marocaines.

Elle a aussi pour but de préparer, à travers la formation et la recherche scientifique, des ressources humaines qualifiées dans ce secteur.

La deuxième convention relative à l'intégration de l'ESS dans les programmes de l'éducation nationale a été signée par Mme Marouane et le ministre de l'Education nationale, Rachid Belmokhtar.

Cette convention a pour objectif de déterminer le cadre de partenariat en matière de formation en ESS dans les établissements scolaires et d'intégrer progressivement les concepts de l'ESS dans les programmes scolaires. 

La troisième convention relative à la commercialisation des produits de terroir des coopératives a pour but de préparer un cadre de partenariat pour l'accompagnement et le financement des coopératives agricoles et opérant dans le monde rural.

Elle a été paraphée par Mme Marouane, le secrétaire général du Crédit agricole du Maroc, Jamal Eddine El Jamali et le directeur de l'Office du développement de la coopération (ODCO), Abdelkrim Azenfar.

Les assises nationales de l'économie sociale et solidaire sont tenues sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, sous le thème "Economie sociale et solidaire : quels référentiels pour le développement et la mise en cohérence ?", visent à aider au renforcement des acquis de l'ESS.

Cette rencontre de deux jours est marquée par trois plénières et des ateliers traitant notamment de "l'apport de recherche &développement à la définition des référentiels de l'ESS", "la contribution de la coopération internationale au développement et à la convergence de l'ESS" et de "l'ESS en Afrique et en Méditerranée". 

Le nombre des coopératives au Maroc a dépassé 14.500 avec une prévalence de plus en plus importante des femmes (plus de 2.000 coopératives féminines), selon un document du ministère de l'Artisanat et de l'économie sociale et solidaire. 

L'économie sociale et solidaire doit placer l'être humain au centre de ses préoccupations 

L'économie sociale et solidaire (ESS) doit placer l'être humain au centre de ses préoccupations, a souligné, vendredi à Skhirat, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Nizar Baraka.

L'ESS constitue la philosophie du CESE qui favorise le dialogue avec la société civile et a formulé des avis sur ce secteur, a indiqué M. Baraka qui s'exprimait à l'ouverture des assises nationales de l'économie sociale et solidaire, tenues sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

Il a rappelé, dans ce cadre, l'avis formulé en 2013 sur le Code de la mutualité qui a appelé à libérer le secteur, à renforcer la protection sociale et à développer l'ESS.

Le conseil avait aussi présenté un rapport sur le sujet à l'occasion de son assemblée générale tenue en janvier dernier, définissant l'ESS comme toutes les activités économiques et sociales bénéficiant de structures formelles et "jouissant d'une gestion autonome, démocratique et participative et où l'adhésion est libre".

Le CESE avait recommandé, dans son rapport, la création d'un cadre législatif qui permettrait "l'identification clarifiée du secteur de l'ESS et réunirait l'ensemble de ses composantes dans un référentiel commun", a-t-il poursuivi.

Le ministère de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire a répondu favorablement et a lancé une étude sur ce sujet, s'est réjoui le président du CESE, ajoutant que ledit conseil avait aussi suggéré l'amélioration de la gouvernance au niveau régional, une politique de pôles de compétitivité "Clusters" régionaux et une intégration de l'économie sociale et solidaire dans le système d'éducation et de formation.

De son côté, Dikoumba Marie-Françoise, ministre déléguée gabonaise auprès du ministre de la Prévoyance sociale et de la solidarité, a salué l'action de SM le Roi Mohammed VI en matière de développement humain et sa vision qui permet une croissance inclusive.

Le Gabon partage la même vision en matière d'investissement humain, a indiqué Mme Marie-Françoise, citant notamment le Gabon Vert, le Gabon des services et la création en 2006 d'un ministère de l'économie sociale et de l'artisanat.

Elle a rappelé, dans ce cadre, les efforts fournis par son pays pour encourager l'économie sociale et solidaire et promouvoir l'entreprenariat, à travers notamment la facilitation d'accès aux crédits et la création de dispositifs de financements adéquats.

Ces assises, organisées sous le thème "Economie sociale et solidaire : quels référentiels pour le développement et la mise en cohérence ?", visent à aider au renforcement des acquis de l'ESS.

Cette rencontre de deux jours est marquée par trois plénières et des ateliers traitant notamment de "l'apport de recherche &développement à la définition des référentiels de l'ESS", "la contribution de la coopération internationale au développement et à la convergence de l'ESS" et de "l'ESS en Afrique et en Méditerranée". 

Mme Marouane fait part de la disposition de son département à créer un observatoire africain pour l'économie sociale et solidaire

La ministre de l'Artisanat et de l'économie sociale et solidaire, Fatema Marouane, a exprimé, vendredi à Skhirate, la disposition de son département à créer un observatoire africain pour l'économie sociale et solidaire (ESS).

Cet observatoire servira à recueillir et interpréter tous les indices et données liées à ce secteur dans le continent africain, a indiqué Mme Marouane qui s'exprimait à l'ouverture des assises nationales de l'économie sociale et solidaire, tenues sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

"La dimension internationale et africaine est censée assurer la plateforme idoine pour partager les expériences pilotes en matière d'ESS", a-t-elle souligné, annonçant l'organisation prochainement d'un forum international sur ce domaine, qui sera abrité par les provinces du Sud, qui étaient les premières à conclure des partenariats de développement à l'occasion de la célébration du 40ème anniversaire de la Marche Verte. 

Elle a mis en exergue le rôle de ces assises qui se veulent une plateforme d'échange d'idées et d'expertises pour promouvoir le secteur de l'ESS, mettant l'accent sur la nécessité d'examiner les moyens de gouvernance du secteur et la coordination des programmes publics et d'assurer la convergence des politiques publiques en la matière pour une meilleure complémentarité entre les intervenants. 

La ministre a rappelé les efforts déployés par son département afin d'intégrer une grande partie des petits producteurs dans l'économie nationale et d'alléger le "fardeau du secteur informel".

Elle a évoqué, dans ce sens, le cadre législatif qui permettra le développement de l'ESS, citant notamment la loi n 112-12 relative aux coopératives, qui sera suivie d'un projet de loi-cadre sur l'ESS et le projet de loi n 11-72 relative au commerce équitable en vue de stimuler la commercialisation des produits solidaires.

Le ministère a veillé aussi sur la promotion, valorisation et commercialisation des produits du secteur, à travers l'organisation d'expositions d'ESS et de marchés ambulants et l'encouragement des initiatives locales par l'élaboration de plans régionaux de développement de ce secteur, a-t-elle précisé.

Elle a espéré une contribution du secteur de 10 pc au PIB lors des prochaines années, appelant à la mobilisation des moyens financiers et des médias, ainsi qu'à l'encadrement juridique pour réaliser cet objectif.

Pour sa part, Martine Pinville, secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire en France, a affirmé que l'ESS est "née pour répondre à des besoins du marché ( ). Elle porte un message pour nos sociétés : valoriser la solidarité et les salariés".

Les acteurs de l'ESS doivent adopter une "lucrativité raisonnée", développer l'activité dans la durée et gagner en lisibilité, a-t-elle estimé, saluant la stratégie marocaine de développement de l'économie sociale et solidaire 2010-2020, qui pose les bases d'une ESS ambitieuse et pragmatique.

Ces assises, organisées sous le thème "Economie sociale et solidaire : quels référentiels pour le développement et la mise en cohérence ?", visent à aider au renforcement des acquis de l'ESS.

Cette rencontre de deux jours est marquée par trois plénières et des ateliers traitant notamment de "l'apport de recherche &développement à la définition des référentiels de l'ESS", "la contribution de la coopération internationale au développement et à la convergence de l'ESS" et de "l'ESS en Afrique et en Méditerranée".

(MAP-20/11/2015)